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Le Projet ‘Cloisons de Cuivre’

En Occident, la recherche la plus impressionnante effectuée en vue d’établir une corrélation entre énergie de guérison et électricité, a été effectuée dans le cadre d’un projet d’abord appelé « Champs physiques et états de conscience », puis connu ensuite sous le nom de « Projet Cloisons de Cuivre ».  Cette recherche a été menée par une équipe de la Clinique Menninger à Topeka, au Kansas, sous la direction du docteur Elmer Green.  Le Projet Cloisons de Cuivre s’est déroulé en différentes étapes entre 1983 et 1995 ; il a été décrit dans des articles techniques entérinés par d’autres chercheurs et publiés dans la revue Subtle Energies.

Le docteur Green a conçu ce projet lorsqu’il a trouvé par hasard une lettre datée du 13 août 1882, écrite par un professeur de méditation bouddhiste tibétain, et adressée à A.P. Sinnett, rédacteur en chef du journal The Pioneer, le journal de langue anglaise le plus connu en Inde. La lettre décrivait une méthode employée « pour développer la lucidité chez nos chelas [moines novices]. »12  Le moine s’assoyait sur un tabouret en bois supporté par une plateforme de verre, en face d’un mur en métal poli, principalement du cuivre.  Une barre aimantée avec le pôle nord orienté vers le haut, était suspendue au-dessus du sommet de sa tête.  Le moine méditait seul, en contemplant le mur.

Une telle description suggérait de fascinantes avenues de recherche.  Est-il possible qu’un sujet méditant, isolé électriquement de la terre – en raison de la plateforme de verre –, accumule une charge électrostatique ?  Cette charge (ou potentiel électrique du corps) est-elle reliée à la clarté d’esprit, à la « lucidité » ; comment la polarité d’un aimant suspendu influence-t-elle la méditation ?  Le docteur Green a compris en outre que le mur de cuivre, un excellent conducteur électrique, pourrait fournir aux scientifiques un moyen de mesurer les modifications du champ électrique autour du corps d’un sujet méditant ou d’un guérisseur.  Si on obtenait pour le guérisseur des lectures de potentiel ou de champ électrique inhabituelles, cela suggérerait l’existence d’une corrélation entre énergie de guérison et électricité.

Une pièce à cloisons de cuivre fut construite ; le sol de cette pièce était revêtu de cuivre, de même que son plafond et deux de ses murs.  Séparés les uns des autres, les panneaux de cuivre n’étaient pas raccordés électriquement.  Des électromètres distincts ont été connectés à chacun des panneaux de cuivre (les électromètres sont des appareils de précision qui mesurent la différence de potentiel entre deux points).  Les sujets choisis pour la recherche étaient des « sujets sensibles », réputés pour leur sensibilité énergétique ou parapsychique, ainsi que des « sujets normaux »13 ; sans expérience particulière dans le domaine de la sensibilité énergétique, ces derniers faisaient partie de groupes témoins.  Chaque sujet s’asseyait sur une chaise placée sur une base en verre, face à une cloison de cuivre, tandis que les scientifiques mesuraient les changements de potentiel de leur corps et les champs électriques.

Comme il fallait s’y attendre, après six cents expériences avec les sujets normaux (vingt sujets, trente séances par sujet), aucune surtension ou élévation inhabituelle de tension électrique n’avait été constatée.  Toutefois, lorsque vint le tour des sujets sensibles, les résultats furent surprenants.

Au cours d’une série d’expériences menées sur une période de deux ans, entre 1988 et 1990, 14 sujets sensibles – sept hommes et sept femmes – ont été étudiés individuellement pendant qu’ils méditaient dans la pièce à cloisons de cuivre ; les séances duraient quarante-cinq minutes.  Plutôt que d’essayer de diriger leur attention sur un objet ou un objectif particulier, on leur demandait de garder les yeux ouverts et de demeurer simplement en état d’éveil.  Chaque sujet passait une semaine seul à la clinique Menninger et n’avait donc aucun contact avec les autres sujets.  Lors de certaines des séances, afin de modifier les propriétés magnétiques de la pièce, une barre aimantée était suspendue au-dessus du sommet de la tête du méditant, avec le pôle nord ou le pôle sud vers le haut.  Ni le sujet, ni les scientifiques, ne savaient si la barre aimantée était utilisée pendant une séance.

Les séances étaient filmées à l’aide de deux caméras vidéo, afin d’exclure les fausses lectures électriques produites par des mouvements du corps plutôt que par la méditation.  Une électrode unique, placée sur l’oreille du sujet, mesurait, à l’aide d’un voltmètre de précision, tous les changements de potentiel du corps (par rapport à la terre) qui se produisaient au cours de la méditation.  La fonction cardiaque (électrocardiogramme), l’activité électrique du cerveau (électroencéphalogramme), la température au bout des doigts, la conduction épidermique, et la respiration, étaient également mesurées.  Les changements dans le champ électrique autour des sujets étaient mesurés par des électromètres raccordés aux quatre panneaux de cuivre.  Toutes ces mesures étaient effectuées simultanément pendant toute la durée des séances de méditation, et enregistrées par des appareils installés dans un laboratoire adjacent.   

À la fin de chacune des séances, les sujets remplissaient un questionnaire conçu pour recueillir de l’information sur ce qu’ils avaient éprouvé sur les plans physique, mental, émotionnel, extrapersonnel (parapsychologique) ou transpersonnel (spirituel) pendant la méditation.  Cette information était alors comparée avec les données physiologiques obtenues par les chercheurs.   

Neuf des quatorze sujets sensibles étaient des guérisseurs de renommée nationale14, dont la compétence concernait des modalités de guérison  telle la visualisation ou la prière  qui ne nécessitent pas de toucher physiquement le patient.  Durant les deux derniers jours et demi de leur séjour à la Clinique Menninger, ces guérisseurs ont tenté des guérisons sans contact avec des volontaires choisis parmi le personnel de la Clinique.  Lors de certaines séances, les ‘patients’ s’asseyaient dans la pièce à cloisons de cuivre avec le guérisseur ; lors d’autres séances, les patients étaient dans une autre pièce de l’immeuble.  Aucun aimant n’a été utilisé pendant cette partie du Projet Cloisons de Cuivre.

Lors des séances de méditation, on a enregistré des surtensions corporelles qui variaient entre 4 et 221 volts ; ces pointes duraient entre 0,5 et 12,5 secondes.  Les charges électrostatiques étaient évidentes, avec ou sans l’utilisation d’un aimant.  Pendant les séances de guérison, les surtensions furent tout aussi inhabituelles, variant entre 4 et 190 volts, et les sujets ‘sensibles’ produisaient encore plus de surtensions électriques par séance de guérison que durant les séances de méditation.  Il semble que la présence d’un patient, combinée à l’intention de guérir, produise ou libère plus souvent l’énergie de guérison.   

L’ampleur de ces surtensions électriques est extraordinaire ; elles sont 10 000 fois supérieures aux tensions enregistrées par l’électrocardiographe, soit celles produites par l’organe électrique le plus puissant du corps humain, le coeur.  Et 100 000 fois plus importantes que les tensions enregistrées par l’électroencéphalographe.  De tels résultats élargissent notre compréhension du potentiel électrique du corps humain et du potentiel humain tout court.

Comme suite naturelle à cette partie de la recherche, la batterie suivante d’expériences effectuées dans la pièce à cloisons de cuivre a été centrée plus précisément sur l’interaction énergétique entre guérisseur et patient.  Aucun aimant n’a été utilisé.  Les mêmes guérisseurs – six hommes et trois femmes – de même qu’un nouveau groupe de patients volontaires, ont été branchés.  Guérisseurs et patients entreraient-ils en résonance ?  Si le guérisseur produisait une surtension électrique, le patient en produirait-il une lui aussi ?

Là encore, on enregistra de fortes surtensions sur les corps des guérisseurs, et des surtensions moins considérables dans les cloisons de cuivre.  Comme les panneaux de cuivre, les patients semblaient jouer le rôle d’antennes, le potentiel de leur corps présentant des fluctuations en synchronie avec celui des guérisseurs, même si l’ampleur du phénomène était moindre que chez ces derniers.  Il est important de noter qu’une telle activité électrique synchronisée n’a été constatée que lorsque patient et guérisseur étaient dans la même pièce ; elle ne se manifestait pas lorsque les guérisseurs tentaient une guérison à distance.  Parfois, les patients éloignés ont néanmoins mentionné avoir ressenti une « énergie de guérison » ou avoir vu des images correspondant aux images visualisées par les guérisseurs, ce qui fait croire que la guérison dépend d’autre chose que de la seule énergie électrique.  D’autres facteurs non mesurés, ou peut-être non mesurables, interviennent sans doute.  La volonté, l’intention de guérir, peuvent provoquer la guérison même en l’absence d’une activité électrique extraordinaire.  Ce qui corrobore de façon intéressante un paradoxe relaté dans des écrits philosophiques anciens à propos du qi gong : Yi ling qi, c.-à-d. « L’intention guide le qi pour effectuer la guérison. »  Cependant, selon certains textes sur le qigong, l’intention en soi peut amener la guérison – l’intention est le pouvoir de guérison, et est par conséquent synonyme de qi.

Certains des guérisseurs semblaient être capables d’utiliser leur pouvoir à volonté, rayonnant un champ électromagnétique mesurable dans toutes les directions, un peu comme la lumière d’une ampoule électrique. La plus forte charge était en général enregistrée sur l’une ou l’autre des cloisons de cuivre.  Cette variabilité est peut-être due au type de formation du guérisseur, à son état d’esprit ou encore à un phénomène spontané explicable soit par une physiologie exceptionnelle, soit par une aptitude innée.16

Nul ne connaît avec certitude la signification de ces surtensions électriques.  L’important est qu’elles se produisent !  William Tiller, un physicien réputé de l’Université Stanford, a analysé les données obtenues au cours de la recherche pour l’un des guérisseurs.  Il a observé que la charge semblait osciller entre le pied et le sommet de la tête, prenant sa source dans le bas-ventre.17  Les praticiens du qigong soutiennent depuis longtemps que l’énergie de guérison provient de la partie inférieure de l’abdomen.  Nous ne devons pas pour autant nous empresser de conclure que ce qui est vrai d’un sujet de recherche en particulier est vrai de tous les guérisseurs, toutes traditions confondues.  À propos de l’analyse du professeur Tiller, Elmer Green a eu le commentaire suivant :  « Il est possible qu’un maître guérisseur puisse produire une charge à partir de n’importe quelle partie de son corps. »

Avant de clore cette discussion sur la corrélation entre qi et électricité, il est important de noter les dangers de l’électromagnétisme.  Les courants électriques qui commandent la guérison et la réparation sont extrêmement sensibles aux champs électromagnétiques externes (EMF).  Appareils électroménagers, ordinateurs, postes radio, radars, et un réseau étendu de câbles et de fils électriques, sont les sources d’une pollution électromagnétique omniprésente.  Il se peut que les champs électromagnétiques artificiels produits par ces équipements soient interprétés comme de l’information par le système nerveux humain, et qu’en conséquence ils interfèrent par exemple avec la capacité de l’organisme à éliminer des cellules cancéreuses, à guérir des os brisés ou à maintenir ses équilibres hormonaux.  Il se pourrait que les processus biologiques normaux soient ainsi entravés ou amplifiés.

Une note positive cependant : le champ électromagnétique naturel de la terre a un effet d’entraînement sur l’organisme, le maintenant en équilibre et en harmonie.  Passer plus de temps dans la nature pourrait peut-être aider à guérir plusieurs des maladies de la civilisation moderne.

Cohen, Kenneth S., The Way of Qigong, Ballantine Books, New York, 1997, pp. 47-50.